Portraits en mots et en images

La Cité de la Voix s’attache à développer sur l’ensemble de la région Bourgogne-Franche-Comté des actions d’éducation artistique et culturelle. Depuis deux ans, les villes d’Auxerre et Gray développent le projet 100% chorale dans les écoles primaires locales.

Pour donner accès aux plus jeunes à la pratique du chant choral à l’école, une séance de pratique vocale collective est organisée chaque semaine, les enseignants profitent eux de temps de formation ainsi que de séances de tutorat durant l’année afin de gagner en confiance et développer une activité chorale dans leur classe. L’ensemble Aedes, ensemble associé de la Cité de la Voix, participe à la vie de ce projet à Auxerre et à Gray.

À Gray, cette année, se déroule la seconde édition « 100% chorale » rassemblant artistes, enseignants, formateur autour d’une même passion, celle de transmettre une pratique vocale collective.

  • Qu’est-ce que le projet 100% chorale pour vous ?

Sandrine : Pour moi le projet 100% chorale est une aventure musicale que je partage bien entendu avec mes élèves.

Rachel : Ce projet est pour moi une bouffée d’oxygène, l’occasion de voir comment mener une séance d’apprentissage d’un chant avec mes élèves et avoir la chance de participer à un réel projet artistique sur l’année, aux côtés de professionnels.

Guillaume : C’est l’occasion de travailler l’éducation musicale dans un projet cohérent et motivant avec des professionnels de qualité.

Emilienne : Ce projet, construit grâce à différents partenaires issus du monde de la culture et/ou de l’éducation, permet de faire entrer dans les classes (auprès des élèves, de leur famille et pour les enseignants) une pratique du chant amatrice initiée par des professionnel(les). Le développement d’un pan formation mené par ce projet est également constructif : pour les élèves : chanter en apprenant et en respectant les « bons » codes / pour les enseignants : apprendre à apprendre à chanter.

  • Quelle est votre histoire avec le chant, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos expériences chantées ?

Sandrine : J’ai déjà fait partie de plusieurs chorales car j’aime chanter.

Rachel : Mon expérience en chant se limite à l’apprentissages de 2 ou 3 chants par an avec ma classe.

Guillaume : Plus jeune, j’ai participé à la chorale de mon collège. C’était un projet moteur au sein de l’établissement qui rassemblait près d’un élève sur 3 ou 4. Plus d’une centaine d’élèves qui sont unis dans un même chant, sous la baguette d’un prof de musique motivé, c’est forcément fédérateur et ça marque une vie. Même si le travail était parfois laborieux, les représentations devant un public étaient de belles récompenses. J’en garde un excellent souvenir ! Et puis, j’ai mué…Bien plus tard, ce sont les chansons paillardes hurlées sur les bancs de la fac qui ont eu ma sympathie. Mais bon, laissons tout cela à mes 20 ans ! Aujourd’hui, ce sont essentiellement ma douche et ma voiture qui ont l’immense privilège d’entendre ma belle voix.

Emilienne : Dans ma vie personnelle, j’ai très peu pratiqué le chant n’étant pas à l’aise en ce domaine et préférant d’autres moyens d’expression comme la danse… Dans ma vie professionnelle, j’enseignais jusqu’alors plus une éducation musicale qu’un réel apprentissage des techniques vocales.

  • Qu’est-ce que ce projet apporte dans vos classes ?

Sandrine : Ce projet me permet de voir mes élèves sous un autre angle. Les enfants sont ravis d’y participer.

Rachel : Ce projet apporte de la joie dans ma classe. Il permet aussi de travailler la concentration et l’écoute des autres. Il est très bénéfique.

Guillaume : Ce projet est très riche et apporte énormément à ma classe. D’abord, c’est la garantie d’un enseignement du chant de qualité appuyé sur des professionnels. Seul, je n’aurais pas eu les ressources suffisantes pour amener mes élèves jusqu’à la scène. Ensuite, cela représente un investissement à long terme. A rebours de la société de l’immédiat, ce projet montre qu’il faut travailler et être persévérant pour obtenir un résultat intéressant. Une belle leçon de vie apprise au gré des notes de musique. C’est également une ouverture culturelle importante :  rencontre avec des professionnels du spectacle vivant, découverte d’un autre milieu avec ses codes, son vocabulaire et son lexique, etc. Ce projet a été le prétexte pour travailler les contes traditionnels en classe, en créant du lien et de l’intérêt pour les élèves. C’est aussi un moment de cohésion important : plusieurs voix qui chantent à l’unisson c’est faire l’expérience du vivre ensemble, de l’appartenance à un groupe.

Emilienne : Une pratique par les élèves du chant en chorale plus intéressante et pertinente pour eux grâce aux différents intervenants expérimentés. De plus, la restitution proposée magnifie ce travail mené sur toute l’année.

  • Un épisode, une anecdote marquante à nous partager ?

Sandrine : Ce qui m’a le plus touchée jusqu’à présent, c’est une de mes élèves. Elle a d’énormes difficultés à l’école, sa vie familiale est compliquée… Le jeudi matin, lorsque nous chantons, elle est métamorphosée. Elle sourit, chante à gorge déployée, connaît les paroles des chants par cœur…. Rien que pour cette élève je suis contente d’avoir engagé ma classe dans un tel projet.

Guillaume : Dans la chanson « que voit-il ? », une élève chantait Ehpad au lieu d’étable : « il voit deux morveux qui s’en vont à l’EHPAD » …

Emilienne : L’investissement des élèves tout particulièrement lors des dernières répétitions au théâtre / les bons moments entre collègues lors des journées de formation.

  • Comment décririez-vous l’œuvre Les musiciens de Brême de Julien Joubert ?

Sandrine : Cette œuvre est poétique mais également drôle et touchante.

Guillaume : L’œuvre est complète, fidèle au conte éponyme. Les chants et musiques sont variés tantôt rythmés et joyeux tantôt plus mélancoliques et doux. On y reconnaît même un tango léger. En revanche, les chansons ne sont pas toujours faciles à chanter et demandent du travail.

Emilienne : Inspirée d’un conte traditionnel, le compositeur a créé, selon moi, une œuvre dynamique et interactive.

  • Si vous deviez décrire cette aventure en trois mots ?

Sandrine : Enrichissante, bienfaisante, motivante.

Rachel : rencontre, écoute, bonheur

Guillaume : Bulot, pédoncule, kamoulox… Euh, pardon, je confonds avec une autre activité…

Je dirais : motivant, chance, marquant

Emilienne :  Échanges / formation / artistique

Deux enseignantes participant au projet pour la deuxième année expérimentaient leur première séance de chant avec leurs élèves. En complément des temps de formation avec Séraphine Porte, elles ont pu vivre l’expérience de préparer et créer elles-mêmes une séance musicale et vocale avec leurs élèves. Comment cela s’est-il passé ?

Rachel : Cette deuxième année me permet de mieux intégrer ce que j’ai appris l’année dernière et de me sentir plus à l’aise avec mes élèves lors de l’apprentissage d’un chant. Je profite aussi pleinement des séances pour parfaire mon chant. La séance avec Séraphine s’est très bien passée. Elle est bienveillante et de bons conseils. Cette séance m’a cependant demandé beaucoup de travail pour l’apprentissages des chants ; ma mémoire n’étant plus très efficace !!

Emilienne : Plutôt bien mais ma confiance dans les pratiques du chant en classe reste à consolider et je ne me sens encore pas du tout à l’aise dans l’apprentissage de techniques vocales (ne les possédant pas moi-même). Une confiance accrue dans mes capacités à enseigner le chant (qui reste tout de même encore à confirmer).

Les premières répétitions au théâtre rassemblant les 4 classes ont à présent commencé.

Rendez-vous pour le concert final jeudi 9 juin au théâtre de Gray !

Projet soutenu par la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, le Ministère de l’Education nationale, Réseau Canopé, la Maif en partenariat avec l’ensemble Aedes, l’école de musique de Gray et la ville de Gray.