Cité de la Voix 16.10.19 Cité de la Voix

Une échappée hors des sentiers battus avec La Fugitive

L’histoire de cet ensemble atypique est d’abord une histoire d’amitié. En 2017, ces cinq musiciens, tous poly-instrumentistes, décident d’unir leurs talents et de se consacrer à la musique du XVIIe siècle, se choisissant un nom à leur image, baroque et insaisissable. Avec un instrumentarium à géométrie variable, la Fugitive explore l’art du consort dans toute sa richesse et dans toute sa souplesse. Ainsi, l’ensemble propose des configurations de jeu changeantes, faisant ressortir l’extraordinaire sororité de la voix et de la viole. Cette inventivité est mise au service de genres aussi différents que la chanson de taverne, l’air de cour, la fantaisie ou les ritournelles populaires. Guidés par une curiosité bienvenue envers certaines pages oubliées du répertoire, les membres de la Fugitive s’attachent à resituer les partitions dans leur contexte d’écriture. D’où une interprétation au plus près de l’exactitude historique, mais qui n’oublie jamais, et c’est là sa grande force, les émotions.

Texte

À la fin cette Bergère, air de cour d’Antoine Boesset – 1624

À la fin cette bergere
Sent les maux que j’ay souffers,
Et sa foy jadis legere
Perd ce tiltre dans ses fers :
Nous vivons soubs mesme loy
Puis que je la tiens à moy.
Mes feux ont produit sa flame
Qui me rend esgal aux dieux,
Et l’amour est dans son ame,
Qui n’estoit que dans ses yeux.
Nous vivons soubs mesme loy
Puis que je la tiens à moy.
Mon amour recompensée
N’aura plus de desplaisir,
Nous n’avons qu’une pensée,
Qu’un vouloir, & qu’un desir.
Nous vivons soubs mesme loy
Puis que je la tiens à moy.

 

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