Franck Mallet | Musikzen 29 août 2016
En montant la rue principale du village le plus visité de Bourgogne – 400 habitants hors-saison ! – on reste coi face aux plaques qui ornent plusieurs maisons où ont séjourné, vécu et même terminé leurs jours de nombreuses célébrités, de Romain Rolland à Max-Paul Fouchet en passant par Jules Roy (sa maison, devenue une bibliothèque publique, accueille des activités liées à la littérature), du chef d’orchestre Ingelbrecht à l’écrivain George Bataille, sans oublier Christian Zervos, critique et fondateur des Cahiers d’art, grand collectionneur de Picasso, Léger, et autres Calder dont les œuvres ornent le Musée qui porte son nom… dans l’ancienne maison de Romain Rolland. Encore quelques mètres à gravir et voici qu’apparaît au sommet la Basilique Sainte-Marie Madeleine, visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, adossée aux collines du Morvan. Depuis plus de quinze ans s’y déroulent chaque été les Rencontres musicales, créées à l’initiative du chef d’orchestre Pierre Cao, qui y fonda ensuite le chœur Arsys Bourgogne, épaulé par la Région.
Lire la suite

Emmanuelle Giuliani | La Croix 19 août 2016
Brillantes et recueillies, d’une stupéfiante éloquence qui emprunte alternativement les accents les plus dépouillés et les ondulations les plus sensuelles, ces Vêpres mariales furent publiées à Venise en 1610 et peut-être déjà interprétées deux ans plus tôt à Mantoue. La révolution qui conduira au style baroque est en marche. L’inspiration constante subjugue tel le jaillissement d’une force qui va. Encore faut-il une direction subtile et hardie, assez précise pour guider les musiciens dans les incessantes fluctuations rythmiques tout en leur laissant jouir, et nous faire jouir, de la griserie que procure chaque note !
Lire la suite

Franck Mallet | Musikzen 31 août 2016
Depuis la basilique de Vézelay, après être descendu de la colline à travers bois et champs, on rejoint Asquins (prononcer « Aquins ») – où Maurice Clavel termina ses jours –, pour le concert de milieu d’après-midi « Paz, Salam et Shalon » d’Emmanuel Bardon et son ensemble Canticum Novum, à l’église Saint-Jacques. À travers ce programme oecuménique de cantigas d’Alphonse Le Sage, chants séfarade et instrumentaux turque et berbère, les musiciens ont voulu célébrer l’idée de la « coexistence pacifique » des chrétiens, musulmans et juifs durant sept siècles, à partir de la conquête musulmane de la péninsule ibérique en 711. Outre la voix, bien sûr – Barbara Kusa a d’ailleurs de bien meilleures dispositions pour le chant que le fondateur de Canticum Novum –, on observe que la plupart des instruments sont communs aux trois populations : oud, tambourin, flûtes, kamânche, vièle, kanun, rebec, etc. En revanche, l’enchaînement au sein d’un même concert d’un instrumental traditionnel d’Alexandrie – aussi magnifique que fut cette mise en bouche Las Estrellas de los cielos –, avec un poème médiéval consacré à la Vierge Marie comme le Cantiga 209 « Muito faz grand’erro… » d’Alphonse X Le Sage, ne fait que mettre en évidence les différences de style, de fonction, sans parler de l’époque…
Lire la suite

Suzanne Gervais | La Lettre du Musicien 25 août 2016
La Passion selon saint Jean de Bach concluait les Rencontres musicales de Vézelay, dans une basilique Sainte-Marie-Madeleine comble pour l’occasion. Le chœur Aedes était accompagné par les musiciens de l’ensemble Les Surprises, sous la direction ciselée de Mathieu Romano.
Lire la suite

Pierre Tricou | Opéra Database 26 août 2016
Dans la Passion selon Saint Jean, Bach respecte à la lettre le texte biblique qui est chanté par l’évangéliste et commence son récit à l’arrestation de Jésus. Les commentaires du texte évangéliques sont réservés aux solistes (les airs sont peu nombreux) et au chœur qui joue le rôle des grands prêtres et de la foule. L’œuvre débute et s’achève par deux chœurs imposants. Le drame est présent dans toute l’œuvre par la longueur de la Haut scène du jugement dans laquelle la foule intervient avec violence face à Jésus : « Crucifie-le», « Nous avons la loi », « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César ». L’évangéliste souligne l’action, comme à l’opéra, par une variété de tempi, de grands intervalles, des aiguës déchirants…Il multiplie les notes chantées sur un seul mot ou une seule syllabe pour souligner l’horreur et la douleur : geisselte (flagella), gekeuziget (crucifié). Les moments les plus émouvants sont les vocalises qui accompagnent les pleurs de Pierre prenant conscience de sa trahison et le tremblement de terre provoquant de déchirement du voile du Temple (deux épisodes qui ne sont pas dans l’Evangile de Jean et sont tirés de Matthieu).
Lire la suite