Cité de la Voix 09.10.19 Cité de la Voix

Il Buranello, de la « prattica » à la « mæstria »

Les brumes de Venise, les marbres du duché de Mantoue, l’or de la Toscane… C’est toute l’Italie qui affleure dans le son inimitable de l’ensemble Il Buranello, fondé pourtant par de jeunes interprètes Lillois en 2015. Depuis, ces six voix ont approfondi leur maîtrise du répertoire du premier baroque, nourrissant une véritable passion pour celui qui régnait alors en maître sur le madrigal : Claudio Monteverdi. Il Buranello en propose une interprétation personnelle tout en se mettant au service du texte ; des poèmes tour-à-tour épiques, burlesques, méditatifs, dans lesquels les musiciens insufflent ce qu’il faut de folie – et un sens inné de la commedia.

Texte et traduction

Sfogava con le stelle – Monteverdi, Quarto libro dei Madrigali (sur un poème d’Ottavio Rinuccini)

Sfogava con le stelle
Un infermo d’amore
Sotto notturno ciel il suo dolore,
E dicea fisso in loro :
“O imagini belle de l’idol mio ch’adoro,
Sì com’ a me mostrate,
Mentre così splendete,
La sua rara beltate,
Così mostrate a lei
I vivi ardori miei :
La fareste col vostr’aureo sembiante
Pietosa sì come me fate amante”.

Un malade d’amour
Confiait aux étoiles sa douleur
Sous un ciel nocturne,
Et disait, les yeux fixés sur elles :
“Ô belles images de l’idole que j’adore,
De même que vous me montrez,
Resplendissant ainsi,
Sa très rare beauté, montrez-lui donc à elle
Mes très vives ardeurs : ainsi vous la ferez, par votre éclat doré,
Aussi sensible que vous me faites amant.”

D'autres articles pourraient vous intéresser :